Publié le 19/01/2016

L'Institut Européen d'Histoire et des Cultures de l'Alimentation

Philippe Vendrix, Président de l’université de Tours

Depuis près de quinze années l’université de Tours a choisi de faire de l’étude de l’alimentation par les
sciences humaines et sociales l’un des axes forts de sa politique de recherche et de son identité scientifique. Notre établissement se félicite d’avoir pris part dès l’origine, aux côtés de l’IEHCA, à une aventure qui implique à présent une multitude d’acteurs dans la métropole de Tours, en Touraine et dans toute la région Centre-Val de Loire. L’ouverture, en 2016, de la Villa Rabelais, Cité
Internationale de la Gastronomie, couronne ces efforts collectifs de longue haleine. Mais ce n’est qu’une étape et le meilleur reste à venir. La place faite aux chercheurs du Pôle Alimentation au sein de la Villa Rabelais s’inscrit dans le prolongement logique de la collaboration existant entre l’IEHCA et l’université de Tours. L’émergence de ce pôle traduit la permanence de l’engagement de l’université et notre volonté d’aller de l’avant. Il regroupe l’ensemble des chercheurs qui, à l’intérieur de toutes nos composantes, sont concernés par le fait alimentaire : historiens, sociologues, anthropologues, littéraires, juristes, économistes,
psychologues, biologistes, médecins… Notre objectif est d’y favoriser une pluri- et transdisciplinarité si souvent invoquées et si rarement mises en oeuvre. Dans l’écosystème qui prend corps actuellement, l’université de Tours est heureuse de jouer ainsi son rôle d’incubateur d’idées et de projets collectifs en partenariat avec l’IEHCA. Effet vertueux des synergies, les collaborations qui ont rendu possible le succès d’une infinité d’initiatives durant près de deux décennies continueront de contribuer au rayonnement de tous ceux qui, à l’instar de l’université de Tours, ont fait et font le pari de considérer l’alimentation, la gastronomie, le culinaire, comme des objets de recherche scientifique et de valorisation intellectuelle et culturelle.

 

Bruno Laurioux, Président de l'IEHCA

En un peu plus de quinze ans, l’IEHCA s’est affirmé comme un acteur incontournable des Food Studies. Au niveau international d’abord avec un réseau de plus de 400 chercheurs, l’organisation de 11 colloques thématiques pilotés par son conseil scientifique et de 14 universités d’été, ainsi que la publication de 28 numéros de sa revue Food & History. Au niveau national ensuite avec les Rencontres François-Rabelais (qui en sont à leur 12e édition) et l’appui à la collection Tables des Hommes, qui vient de sortir son 32e volume. Le bilan est impressionnant et il s’enrichit constamment : notre dernière initiative, la Conférence Internationale d’Histoire et des Cultures de l’Alimentation, a réuni plusieurs centaines de chercheurs provenant de 28 pays de par le monde.

Mettre en relation le dynamisme de la recherche et une société soucieuse de comprendre et de maîtriser son alimentation, telle est la vocation fondamentale de l’IEHCA. Pour l’incarner, nous avons constamment bénéficié de l’aide et de l’appui de partenaires fidèles, l’université de Tours et la Région Centre Val de Loire. Depuis le 1er janvier 2017, l’installation dans l’écrin de la Villa Rabelais ouvre à nos activités de nouveaux terrains et de nouveaux horizons, en lien avec Tours Cité Internationale de la Gastronomie en Val de Loire. Je tiens à remercier l’équipe des cinq permanents qui, sous la conduite de Francis Chevrier, ont assuré la réussite de l’IEHCA.

 

 

 
Francis Chevrier, Créateur et Directeur de l’IEHCA

L’Institut Européen d’Histoire et des Cultures de l’Alimentation, créé en 2001 à l’initiative du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, est une agence de développement scientifique au service d’une double ambition. Premièrement, il s’agit d’encourager la recherche et la formation universitaires relatives aux «cultures et patrimoines alimentaires» autrement dit à l’alimentation analysée et expliquée par les sciences humaines et sociales. Il s’agit ensuite d’aider l’université François-Rabelais à se positionner comme un pôle d’excellence européen sur ce thème. Aujourd’hui, plus de 400 chercheurs affiliés à notre réseau participent aux nombreuses activités que nous avons initiées. Nous souhaitons œuvrer à la création d’une véritable «université des Sciences Gastronomiques» qui manque bien cruellement à notre beau pays et qui pourrait lui être fort utile pour mieux mettre en valeur un patrimoine exceptionnel qui fait notre richesse culturelle et économique. L’IEHCA a fait inscrire en 2010 notre gastronomie sur la liste du Patrimoine de l’Humanité de l’UNESCO. Il nous appartient de contribuer à faire en sorte que ce trésor sans équivalent soit un atout formidable pour notre développement économique et notre bien-être. Que soient sincèrement et chaleureusement remerciés tous ceux qui concourent au succès de notre entreprise.

 

Françoise Sabban, Présidente du Conseil scientifique de l’IEHCA

Manger est l’acte le plus ordinaire et le plus essentiel qui soit. Or les conditions de cet exercice, quel qu’il soit, ne se comprennent que dans l’identification et la compréhension d’un ensemble d’enjeux relevant de toutes les disciplines des sciences sociales, des sciences naturelles et des sciences de la vie. C’est bien à cette tâche d’élucidation et d’analyse dans leur dimension « sciences sociales » que les 400 chercheurs du réseau international créé par l’IEHCA se consacrent, en s’appuyant sur une politique scientifique ouverte et en harmonie avec les grandes orientations et les évolutions de la recherche dans le champ des « études de l’alimentation », un domaine aujourd’hui très actif dans les milieux académiques internationaux. Pour ce faire, ils suscitent, encouragent et soutiennent toutes les actions de recherche et de diffusion des connaissances menées sur les questions alimentaires.

Pionniers dans ce champ depuis plus de 15 ans, l’IEHCA et ses experts scientifiques, entendent poursuivre cette aventure passionnante en collaboration avec l’Université François Rabelais et la Cité de la gastronomie, et démontrer, s’il le fallait encore, que la cuisine, la table, et les comportements alimentaires sont parmi les premiers déterminants de l’activité humaine.